Pourquoi faut-il du courage pour avoir l’esprit critique ?

Pourquoi faut-il du courage pour avoir l'esprit critique

Dans cet article, nous aborderons la notion d’esprit critique. Dans les articles précédents, nous vous avons présenté le cerveau, composée en trois grandes parties :

  • Cerveau reptilien : cerveau automatique en mode réflexe pour nous sauver de dangers de mort
  • Cerveau limbique (paléo-limbique et néo-limbique) : centre émotionnel et de mémorisation. Antonio Damasio(1) a prouvé qu’il n’y avait pas de décision sans émotions. Nous passons forcément par une mémoire émotionnelle pour prendre une décision.
  • Neocortex pré-frontal : cerveau conscient pour s’adapter au changement, trouver de nouvelles idées.

Pour optimiser l’énergie consommée par le cerveau, 99% de nos actions sont automatiques et non conscientes. Ainsi, nous avons tous des biais cognitifs : raccourcis heuristiques qui peuvent nous amener à faire des raisonnements erronés.

Ainsi, nous comprenons maintenant que pour réactiver notre cerveau conscient, notre néocortex, nous avons besoin d’énergie. Celles-ci viennent de nos émotions, comme l’a prouvé Damasio, qui génèrent des neurotransmetteurs, catalysant les connexions synaptiques. Ainsi, nos envies, désirs, peurs, détresses, colères initient des pensées et des ressentis qui nous amènent à penser et agir autrement.

D’où viendrait ce désir, fournissant l’énergie nécessaire à notre cerveau ?

Le cerveau est composé de 100 milliards de neurones, et un million de milliards de connexions synaptiques qui sont les connexions entre les neurones, cellules neuronales qui composent notre cerveau. Pour créer de nouveaux raisonnements, générer de nouvelles mémoires, le cerveau a besoin d’énergie pour  réaliser ces nouvelles connexions synaptiques, catalysées par des neurotransmetteurs, notamment la sérotonine, le neurotransmetteur du bonheur, et permettre les échanges entre neurones par des ions (anions et cations). La mémoire est une modification physiologique du cerveau, comme illustré dans l’image ci-après(2) :

esprit critique

Cette capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions synaptiques est la neuroplasticité, ce qui nous permet de penser autrement. Mais comme le cerveau fonctionne en mode automatique (Système I) à 99% du temps, et que cela demande de l’énergie, il faut donc du courage pour oser penser autrement ! 

L’émotion du désir, de l’envie catalyse cette neuroplasticité, et il faut donc être motivé pour penser autrement !

Demandez-vous ce qui vous donne envie de penser autrement :

  • Ne pas prendre de risque en prenant un vaccin expérimental ?
  • Ne pas avoir peur du jugement externe ?

Le biais de conformité est le biais le plus courant car sortir de la pensée du groupe met notre cerveau en danger. En effet, pour la survie de notre espèce humaine, nous avons eu besoin d’évoluer en groupe. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais le cerveau a gardé cette mémoire. Ainsi, s’autoriser à penser autrement que le groupe nécessite la conviction que cela ne nous mettra pas en danger de mort.

Cela demande du courage, et lorsque notre cerveau a été habitué à penser autrement, c’est physiologiquement plus facile car ce sont des modalités connues par le cerveau. Ainsi, on constate que les artistes, les entrepreneurs ont plus de facilités à prendre des risques dans leur vie, et ont déjà fait la démarche interne de s’autoriser à ne pas penser comme le groupe.

Ainsi, si vous voulez habituer votre cerveau à penser autrement, développez une posture créative, qui vous permet de penser et agir autrement, développer un esprit critique, tout en restant en paix avec soi-même.

Sources :

(1) Antonio R. Damasio. L’erreur de Descartes. (1995). Edition Odile Jacob. Consulté le 21 août 2022. 

Antonio R. Damasio. Sentir et savoir. (2021). Edition Odile Jacob. Consulté le 24 août 2022.

(2) Eric Landel. À la recherche de la mémoire. (2007). Edition Odile Jacob. Consulté le 21 août 2022.

fichier-pdf

Laisser un commentaire