La variole du singe : une maladie bénigne

Depuis juillet 2022, l’OMS(1) et les médias tentent d’affoler la population avec la variole du singe. Le but vraisemblable de cette dramatisation serait de promouvoir une vaccination la plus large possible en utilisant des vaccins disponibles pourtant inadaptés, et qui n’ont pas été correctement étudiés contre cette maladie chez l’homme.

Cette mise au point basée sur l’analyse des 1212 articles médicaux recensés par PubMed(2), le 15 août 2022, rappelle que la maladie n’atteint dans 99% des cas que les hommes pratiquant le sexe avec d’autres hommes et qu’en Europe elle n’a tué personne.

Le virus de la variole du singe est très ancien

Le MPXV est un virus à ADN double brin appartenant au genre Orthopoxvirus de la famille des Poxviridae surnommés « virus anciens » retrouvés chez des insectes d’au moins 300 millions d’années. Diverses espèces animales ont été identifiées comme réservoirs actuels du virus : les écureuils à corde, les écureuils arboricoles, les rats à poche de Gambie, les loirs, les primates non humains et les chiens de prairie américains qui rendent l’éradication du monkeypox impossible.

La maladie n’a été décrite que récemment

La variole du singe a été décrite pour la première fois en 1959 chez des singes d’un institut de recherche à Copenhague. Le premier cas humain a été identifié le 1er septembre 1970, à l’hôpital de Basankusu en République démocratique du Congo. Six autres cas ont été reconnus au Liberia, au Nigeria et en Sierra Leone entre 1970 et 1971. Depuis lors, le Nigéria constitue le foyer endémique principal.

Au Royaume-Uni, Le cas index de l’épidémie actuelle de monkeypox en 2022 a été attribué à un résident du Royaume-Uni le 6 mai 2022 après un voyage au Nigeria(3). Le Canada et les USA, le Mexique, l’Équateur, la Bolivie, Israël,l’Australie et l’Argentine ont signalé des cas dont le total mondial confirmé dépasse maintenant les 28 000.

La variole du singe est une maladie bénigne sexuellement transmissible qui guérit spontanément

La présentation clinique du monkeypox ressemble à celle de la variole mais en moins contagieux et beaucoup moins grave. L’intervalle entre l’infection et l’apparition des symptômes est généralement de 6 à 13 jours. Elle est suivie d’une période d’invasion caractérisée par de la fièvre, des maux de tête intenses, des gonflements des ganglions lymphatiques, des douleurs dorsales et musculaires et une fatigue intense. Puis la maladie se manifeste par l’éruption sur le visage ou au niveau génital en fonction du mode de transmission. Plus de 70% des personnes avaient des lésions sur ou autour de leurs organes génitaux ou de leur anus ou la bouche. À cela s’ajoutent des complications très peu observées jusqu’alors : une inflammation du rectum ou un œdème du pénis. Les lésions cutanées sont habituellement associées à des douleurs intenses, et souvent des ganglions.

Les pustules évocatrices se dessèchent lentement puis forment des croûtes qui tombent spontanément après une quinzaine de jours, le plus souvent sans laisser de cicatrice. C’est une maladie globalement bénigne, les cas graves évoluant vers la mort n’ont été jusqu’ici observés qu’en Afrique.

Si vous n’êtes pas mâle homo ou bisexuel votre risque d’attraper la maladie est presque nul

Aux USA comme en France 99% des cas répertoriés concernent des homosexuels mâles dont beaucoup ont également un syndrome d’immunodéficience acquise. Le mode principal de contamination connu est le contact direct peau à peau en touchant les boutons (pustules) d’une personne infectée ou des objets qu’elle a contaminés (linge, couverts, etc.). Le virus peut en effet survivre plusieurs jours sur les surfaces inertes. Il pénètre dans l’organisme par des microlésions de la peau, même minuscules.

En France, la HAS définit les groupes à risque de la variole du singe(4) : « les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans qui sont multipartenaires, les personnes en situation de prostitution, les professionnels exerçant dans les lieux de consommation sexuelle ».

Si vous n’appartenez pas à ces groupes et que vous n’avez pas de contact avec eux, votre risque de contamination est infime et dans le cas où vous seriez contaminé le risque d’en mourir est nul.

Ne craignez pas la variole du singe

Si vous appartenez à un groupe à risque, évitez de multiplier les partenaires sexuels et soyez vigilant en matière d’hygiène.

Même si la variole du singe est une maladie relativement bénigne, mieux vaut éviter de l’attraper… Les malades souffrent parfois beaucoup. Les lésions cutanées peuvent parfois laisser des cicatrices inesthétiques, situées sur le visage, ce qui peut s’avérer moralement difficile à supporter, car elles mettent en évidence le comportement sexuel. Les autorités sanitaires de San Francisco recommandent « d’éviter les contacts cutanés ou de partager son lit avec un étranger tant que l’épidémie dure »

et celles de New York(5) « demandez à vos partenaires sexuels s’ils ont une éruption cutanée ou d’autres symptômes compatibles avec le monkeypox. Évitez tout contact peau à peau avec une personne qui présente une éruption cutanée ou d’autres symptômes liés à la variole du singe ». Opinion partagée par Heymann, expert de l’OMS(6) : « les mesures individuelles pour atténuer les risques — en faisant attention si les partenaires sexuels ont des lésions génitales, par exemple — sont la meilleure approche ».

Certains traitements sont potentiellement capables de raccourcir la durée de l’évolution de la maladie. Mais leur toxicité rend leur utilisation discutable pour une maladie bénigne.

Les vaccins antivarioliques n’ont pas fait la preuve de leur efficacité contre la variole du singe chez l’homme(7). L’étude du Lancet montre qu’une part non négligeable (18%) des malades avait pourtant reçu un vaccin anti-variolique. Et ils ne sont pas totalement sans risque.

 

En l’état actuel des connaissances, le meilleur moyen de se protéger sans risque ne resterait-il pas l’hygiène ? 

Dr Gérard Delépine, 
Chirurgien Oncologue et Statisticien

 

Sources :

(1) OMS. « Épidémie de variole du singe – 2022 ». Consulté le 13 août 2022 sur www.who.int/emergencies/situations/monkeypox-oubreak-2022

(2) Base de données américaine la plus fournie du monde avec plus de 34 millions de citations de littérature biomédicale de MEDLINE, de revues de sciences de la vie et de livres en ligne incluant le plus souvent des liens vers le contenu en texte intégral de PubMed Central et les sites Web des éditeurs.

(3) León-Figueroa DA,et. The never-ending global emergence of viral zoonoses after COVID-19? The rising concern ofmonkeypox in Europe, North America and beyond. Travel Med Infect Dis. 26 mai 2022.

(4) Haute Autorité de Santé. « Monkeypox : une vaccination préventive proposée aux personnes les plus à risque d’exposition ». Communiqué de Presse – Mis en ligne le 08 juil 2022. Consulté le 14 août 2022 sur www.has-sante.fr/jcms/p_3351443/fr/monkeypox-une-vaccination-preventive-proposee-aux-personnes-les-plus-a-risque-d-exposition

(5) New York State. « Département de la santé de l’État de New York ». Août 2022. Consulté le 14 août 2022 sur www.health.ny.gov/diseases/communicable/zoonoses/monkeypox/

(6) New York Post. « Monkeypox outbreak may be blamed on sex at European raves, WHO expert says ». Publié le 23 mai 2022. Consulté le 14 août 2022 sur  https://nypost.com/2022/05/23/who-expert-david-heymann-says-monkeypox-outbreak-came-from-sex-at-european-raves/

 

(7) Medium. « Effectiveness of Monkeypox Vaccine Is Questionable, Especially When the Virus Has Mutated ». Publié le 11 juin 2022. Consulté le 14 août 2022 sur  https://medium.com/microbial-instincts/effectiveness-of-monkeypox-vaccine-is-questionable-especially-when-the-virus-has-mutated-de6c9ad1c843

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